💃 Auteur Ayant Comparé Paris À Une Fête
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LEvangile nous raconte seulement une prière de Marie: à Cana, quand elle demande à son Fils, pour ces pauvres gens qui allaient faire une mauvaise impression pendant cette fête. Imaginons: faire une fête de mariage et la finir avec du lait parce qu’il n’y avait plus de vin ! Quelle mauvaise impression! Et Elle prie et demande à son Fils de
LeCentre hospitalier Sud Francilien de Corbeil-Essonnes est la cible depuis la nuit de samedi à dimanche d’une cyberattaque d’ampleur. Selon les informations d’Europe 1, les hackers menacent de divulguer les données privées du personnel médical et des patients. En échange, ils réclament une rançon de 10 millions de dollars.
Lépoque n’est plus à la fête. Et, dit-on souvent ici et là, on ne s’y éclate plus. Paris est une fête, le livre d’Ernest Hemingway écrit à la fin des années 1950 et publié en 1964 est (re)devenu un best-seller en 2015, précisément au lendemain des attentats du 13 novembre quand, devant les caméras de télévision, une femme brandit le livre comme symbole de
AuteurAyant Comparé Paris À Une Fête - CodyCross. La solution à ce puzzle est constituéè de 9 lettres et commence par la lettre H. CodyCross Solution pour AUTEUR
3Caillois Roger, L’homme et le sacré, Paris, Gallimard, 1950.; 4 Van Gennep Arnold, Les rites de passage, Paris, Picard, 1909.; 3 La deuxième thématique aborde les pratiques et les socialisations festives. Djakouane et Négrier s’intéressent à la part de fête dans l’activité des festivaliers des Eurockéennes de Belfort en comparant les motivations, les pratiques
Ce vêtement est un souvenir du vieux Harry, avant qu'il ne devienne ennuyeux. Quand il faisait la fête à Vegas, tout le monde l'adorait, lui et son sens de la fête. Au moins, ce pantalon est un vestige de son ancienne personnalité Quand Harry était le prince fun, le roi de la fête. C'est vraiment dommage qu'il soit si coincé désormais.
Oubien le sabbat, réputé à son origine fête de da pleine lune, aurait absorbé la néoménieen s'étendant à^ tous les jours critiques du mois lunaire. On pourrait alors comprendre la résurgence de la néoménie, lorsque le sabbat se serait détaché du -cycle lunaire pour devenir hebdomadaire. Mais l'origine lunaire du sabbat est une
pVnkp8s. Par Manon C. Publié le 2 mai 2020 à 15h22 En zone rouge et en zone verte, le déconfinement ne s'annonce pas pareil. Alors, que pourra-t'on faire exactement, à partir du 11 mai prochain, selon notre département ? Faire la fête, se regrouper, faire du sport à plusieurs, pique-niquer dans un parc, fêter son anniversaire... On répond à vos questions ! Le déconfinement progressif, c'est pour bientôt; encore quelques jours voire semaines à tenir. Pour préparer le déconfinement en toute transparence et pour aider les Françaises et les Français à comprendre leurs décisions, le gouvernement édite, depuis le 30 avril, une carte du déconfinement, sorte de météo des départements marqués de différentes couleurs, en rouge, en orange ou en vert, selon l'état de l'épidémie et des services de réanimation dans ces zones. Pour rappel, les départements oranges sont ceux qui ne présentent qu'un seul des deux critères requis, et ils pourront basculer en zone rouge ou en zone verte d'ici le 7 mai prochain, date à laquelle il ne restera plus que deux couleurs sur la carte des départements rouges et des départements verts. A noter, qu'un département classé vert pourra très bien, passée cette date, rebasculer en zone rouge si le virus y circule trop activement. A partir de ces couleurs, le gouvernement déterminera le niveau de relâchement du confinement dans ces zones, et les mesures à prendre à compter du 7 mai prochain, pour un début de déconfinement progressif prévu le 11 mai. À lire aussiCoronavirus dans le monde jeudi 18 août 2022 nouveaux cas et morts en 24hCoronavirus à Paris et en Ile-de-France ce jeudi 18 août 2022Coronavirus en France, la situation jeudi 18 août 2022 Alors bien sûr, on est déjà nombreux à se demander ce qu'il va être possible et impossible ! de faire dans les différents départements de France, à partir du 11 mai ! Organiser un anniversaire, se marier, rendre visite à ses grands-parents, faire du vélo ou du jogging à plusieurs, organiser un barbecue ou un pique-nique entre amis, aller à la plage, se déplacer d'une zone rouge à une zone verte et vice-versa... Autant de questions auxquelles on répond, ci-dessous ! Déconfinement Zone verte, ce qui change en phase 2Lors de l'annonce de la phase 2 du plan de déconfinement, Edouard Philippe dévoile de nouvelles règles. Alors qu'est-ce qui change en zone verte ? On fait le point. [Lire la suite] Carte du déconfinement Zone rouge, que peut-on fairePuis-je organiser un anniversaire ou un repas de famille, rendre visite à mes grands-parents, organiser mon mariage, me balader à vélo, faire du jogging, faire un barbecue ou un pique-nique, aller à la plage, me déplacer d'une zone rouge à une zone verte... Autant de questions que vous vous posez surement ! Si votre département est en zone rouge et que vous vous demandez si tout cela sera autorisé depuis le 11 mai, voici les réponses à vos interrogations ! [Lire la suite]
Louis-Ferdinand Céline, Guerre, Paris, Gallimard, Blanche», 2022, 192 pages, ISBN 9782072983221 Quelle étrange expérience que de lire, huit décennies après sa rédaction, un ouvrage » inédit de celui qui se fit appeler Céline ». Roman où se succèdent de brefs épisodes autofictifs 130 pages imprimées, de Ferdinand blessé sur le champ de bataille à la vie d’hôpital dans une ville de l’arrière. Ce manuscrit de premier jet, l’auteur l’aurait abondamment révisé s’il l’avait pu et il nous serait parvenu sous une forme assez différente. La presse et la critique ont déjà commenté la réémergence des manuscrits inédits et à ce sujet, la mise au point du spécialiste Philippe Roussin, fait autorité1. D’autres universitaires se sont prononcés sur les problèmes soulevés par Guerre2, notamment quant aux réappropriations voire récupérations qu’une telle publication posthume ne peut que susciter dans le débat polarisé au sujet de son auteur. Guerre, publié par Gallimard, préfacé pour les ayant-droits par l’avocat François Gibault, est qualifié par ce dernier de célinien ». Difficile de réfuter un tel pléonasme. Mais surtout, ce texte est accompagné d’un long discours de validation à l’argumentaire simple nous avons sous les yeux, en 1934, le génie stylistique de Céline à l’état pur, exempt de toutes les polémiques qui ont suivi. L’occasion de se refaire une vertu. La collection blanche », d’ailleurs, tend à transformer en littérature pure un texte très lié à ses circonstances d’énonciation et dans les enjeux d’époque. Rappelons ici trois des saillances où il se cogne. D’abord, Guerre arrive après bien des récits et romans de 14-18. En 1934, le genre a une longue histoire et fait encore quelques succès. Pour s’en démarquer, Céline choisit de faire éprouver de l’intérieur, jusqu’à la limite du langage, l’effet d’une grave blessure de guerre J’ai attrapé la guerre dans ma tête ». C’est très réussi. Tout le système nerveux du narrateur est durablement ébranlé par cette expérience, ainsi que sa vision du monde. Il cherche moins à raconter des scènes de guerre Ferdinand est désormais à l’écart du théâtre des opérations qu’à faire sentir dans la langue le champ de bataille qu’est devenu le monde sensoriel et psychique du traumatisé J’aurais jamais cru ça possible si on m’avait raconté ». Ensuite, le style fortement marqué par l’école populiste » dont Céline, en relation avec Eugène Dabit, minimise l’impact sur son propre travail. Pourtant, on sait désormais combien la conjoncture populiste constitue, avec le courant prolétarien et les essais formels des communistes, le terreau de son élaboration stylistique3. Notons au passage que la fameuse technique des points de suspension, émergente dans Voyage puis massive dans Mort à crédit, est ici quasi absente. La forme a-t-elle été mise au point ensuite, lors de la révision de Mort à crédit ? Il faudra, pour cela, aller aux manuscrits disponibles. Enfin, le personnage de Ferdinand » revient ici, dans la continuité du Voyage et juste avant de raconter son enfance dans Mort à crédit. S’esquisse peu à peu une posture, énonciative de toute l’œuvre romanesque, qui se signale par un singulier rapport à la langue, une diction que Céline qualifiera d’ antibourgeoise » et de style franc grossier ». Il y a bien sûr ce style narratif oralisé avec son lot de dislocations syntaxiques, de tournures perçues comme incorrectes, inspirées de l’oral-populaire. Céline malaxe la langue comme un auteur latin il teste toutes les positions possibles des mots dans la phrase, jusqu’à trouver la petite musique. Assurément, c’est un riche laboratoire. Et puis, très marqué dans Guerre, voici l’argot militaire et urbain. À ce titre, le Lexique donné en fin de volume a pour effet paradoxal, par la caution philologique qu’il incarne, de rendre maniérée ou datée la langue du roman or bien des mots qui y figurent ont aujourd’hui passé dans la littérature voire dans l’usage courant. Pour Céline, l’argot est la langue jubilatoire de la haine », et Guerre l’illustre tant dans la profération de Ferdinand que dans les relations venimeuses entre les personnages. À partir de ces trois éléments d’historicité, tentons de résumer l’orientation argumentative implicite du roman, sous formes de brèves propositions les atroces combats de 1914 ont définitivement déniaisé Ferdinand qui a vu et vécu l’horreur ; désormais, il sait ce dont l’humain est capable ; il croit savoir avec Freud les pulsions qui l’animent et croit pouvoir en déduire avec Freud et Schopenhauer que le discours humaniste n’est qu’un vernis de surface ; partout, il décèle les instincts animaux en l’homme, et d’abord en lui-même cul », argent, égoïsme, lâcheté, mensonge, trahison, racisme, misogynie, haine des parents, etc. C’est l’instinct qui trompe pas contre la mocherie des hommes ». Au moins Ferdinand ne s’exempte-t-il de rien. Dans sa perspective, toute croyance métaphysique, politique ou sociale est désuète Ça brille pas fort, l’espérance, une mince bobèche au fin bout d’un infini corridor parfaitement hostile ». Ferdinand ne peut plus fraterniser », par exemple l’entente avec Cascade-Bébert s’avère très ambivalente. La seule personne qui fasse preuve de sincérité » selon lui, c’est L’Espinasse, la branleuse » de poilus agonisants. Dès lors, on n’est pas surpris de la haine recuite de Ferdinand pour ses parents qui représentent l’envers de sa macabre prise de conscience Ils ne concevaient pas ce monde d’atrocités, une torture sans limite. Donc, ils le niaient. […] leur énorme optimisme, niaise, pourrie connerie, qu’ils rafistolaient envers et contre toutes les évidences […] ». On ne s’étonne pas non plus du désir brut que suscite Angèle, l’épouse de Cascade Où qu’on était placés nous autres, et moi surtout si je me compare, dans le fond du bocal de douleur, pour que je regrimpe à l’échelle fallait vraiment qu’elle soye tendue sa biologie la môme Angèle ». Inutile d’y chercher des révélations biographiques le roman répond avant tout au besoin de transgression généralisé emprunté à la mode freudienne et à la biologie » revisitée par les fantasmes céliniens. Il s’agit de s’affranchir des censures verbales et rationnelles pour reconnaître le vrai instinct ». Mais ce savoir traumatique, né dans l’esprit fragilisé d’un Ferdinand blessé, à aucun moment il ne l’interroge. Serait-il un raccourci de pensée ? Une conséquence des souffrances endurées ? Une rationalisation du choc émotionnel ? Peut-être un aveuglement individuel ? Non, pour Ferdinand, cette expérience a le statut d’assertion existentielle, voire philosophique, qui ne souffre aucune discussion. Il lui faudra donc faire avec dans ce monde du darwinisme social Destouches a connu les usines Ford, chacun pour soi poursuit sa nébuleuse, comme le chante Alain Bashung. Il s’agit donc uniquement de survivre et pour cela tout est permis… Ferdinand ose désormais dire les choses avec franchise dans Bagatelles pour un massacre, le seul franc » est le français de souche ! on est caucasien, de type breton, dans son cas, ou on ne l’est pas la haine des parents, le racisme bicots », arabes », la misogynie telles femmes sont des raclures » il n’y a pas d’amour dans Guerre – sauf peut-être la bonne Agathe », mais qui est-ce ? – ce qui n’était pas le cas dans Voyage. Tout cela prend appui sur la biologie », Guerre le dit en toutes lettres. Or dès ses études, le médecin Destouches a cru au racisme bio-médical tel qu’élaboré notamment par son ami suisse Georges Montandon. Cette adhésion traverse tous les écrits de Céline, jusqu’à sa mort. Il ne l’a jamais reniée. Elle légitime tous ses jugements politiques, sur les Juifs, les étrangers, les bicots », bien sûr les bourgeois et, pour finir, les Chinois. Dans un essai récent, Coulisses du nom propre 2021, j’ai tenté de montrer combien Céline » désigne un énonciateur de fiction distinct de Louis Destouches. L’autofiction de Céline » n’est pas la vérité de Destouches tous les historiens le savent mais sa version spectaculaire et publique, à destination du milieu littéraire et des lecteurs. Céline » est donc un personnage plus qu’une personne sa posture s’adapte stylistiquement, rhétoriquement, à cette visée. Elle affecte l’exagération en tous points, s’exalte de sa propre puissance et fonde ses effets sur le dépassement de toute censure verbale. Dans Guerre, avant Mort à crédit, on assiste rien moins qu’à la naissance de la singulière posture Céline », par la libération concomitante d’un style et d’une idéologie. L’énonciateur blessé et furibond a le droit de tout dire, et même le plus terrible, puisqu’il a été mentalement dépucelé c’est son mot, traumatisé par une guerre atroce. Ce droit de tout dire sans nuancer, sans analyser ni douter, sans prendre acte d’autres points de vue, c’est moins le courage de la vérité cher aux Grecs Foucault l’a longuement commenté que la parole que s’arroge en public le beau parleur, le bateleur de foire4. Et il a son équivalent sur la scène politique on voit bien que Mussolini et Hitler jouissent en parlant. Céline » connaît ce type de transe la parole existe pour le noir plaisir solipsiste qu’elle procure, autrui n’y existe plus que comme objet. Guerre, même s’il met en scène de nombreux personnages, ne rend qu’une seule note, qu’un seul ton, celui de Ferdinand blessé et revenu de tout. Personne ne discute les assertions d’un tel souffrant, la douleur lui donne ce privilège, celui d’une sorte de Christ négatif. Aucun autrui n’existe plus pour lui en vue de l’intelligence collective ou de la solidarité. Seul s’affirme jusqu’au bout son unique point de vue, auquel définitivement il se complaît. Même si cette posture est efficace énonciativement, elle n’est de loin pas la seule possible, idéologiquement. Bien des contemporains de Céline se sont refusés à de telles conclusions Guilloux dans Le Sang noir, Barbusse, Giono, le jeune Fernand Deligny et tant d’autres.Pour le reste, il y a dans Guerre des scènes d’anthologie le réveil sur le champ de bataille ; la fête de la médaille militaire et des personnages à l’onomastique burlesque Dr Méconille, chanoine Présure, Amandine Destinée, M. Harnache, et le roi Krogold, qui ouvre Mort à crédit. C’est entre la plainte élégiaque rentrée, le grand-guignol et le monde des petites frappes Un de Baumugnes l’avait fait juste avant, tout ça, bien sûr, à propos de faits tragiques. Mais ce qui domine à mon sens, c’est le plaisir du déniaisé à jouir sans entraves de sa déception et de sa haine. Il ne manque dès lors qu’un déclic politique Le Front populaire et littéraire l’échec critique de Mort à crédit, pour libérer la bête immonde » dont parlait Brecht.
1À partir de la mi-mars 1848, les insurgés vénitiens – une partie de l’Europe, ainsi que la péninsule italienne, étant en proie aux convulsions révolutionnaires – prennent le contrôle de leur ville, obligeant les Autrichiens à l’évacuer et proclament la république. Au même moment, ces derniers subissent un sort analogue à Milan, après de sanglants combats. Retirés dans leur quadrilatère fortifié de Vérone-Mantoue-Peschiera-Legnano, ils attendent l’heure de la revanche. Entre temps, le royaume de Piémont-Sardaigne était entré dans la lutte, profitant entre autres des difficultés militaires rencontrées par les Impériaux avec les Hongrois, les Tchèques, les Roumains et les Serbes soulevés. Le 30 mars les Piémontais, qui entendent chasser les Autrichiens de la Vénétie s’emparent d’une des places fortes du quadrilatère. Cela sera là leur ultime succès. Le feld-maréchal Radetzky, dont l’armée a été renforcée, bat l’ennemi à Vicence et s’empare de la ville, coupant la communication entre ce dernier et les Lombards d’une part et les Vénitiens de l’autre. Puis, il passe à l’offensive et écrase les Piémontais à Custoza 24 juillet 1848, qui sont encore battus devant Milan 3 août. Il ne reste plus au Piémont qu’à demander l’armistice. Ayant rompu ce dernier, les Piémontais sont à nouveau écrasés à Novare, le 23 mars 1849. Entre temps, Venise, qui avait voté son rattachement au Piémont, reprend son indépendance, nomme un gouvernement provisoire et proclame à nouveau la république. 2Mais la cité doit désormais, à partir du 26 avril, subir le siège des Autrichiens. Pour commencer, ces derniers doivent s’emparer du fort Malghera, sur la terre ferme, au sud de Mestre car il constitue la “porte de Venise”. Ils y parviendront à la fin du mois de mai. Certes, ils se sont ainsi rapprochés de la cité des doges mais la portée de leurs pièces s’avère insuffisante. Du côté de la mer, début avril, le blocus est instauré d’une manière efficace par la petite marine impériale-royale. Mais la volonté de résistance des Vénitiens n’est pas entamée et le siège se prolonge, sans grands résultats pour les Autrichiens. 3Toutefois quelque chose de surprenant, du moins pour les assiégés, va se produire. Un major suisse, le Zurichois Johann Debrunner qui commande une compagnie de tireurs helvétiques qui, en partie par idéalisme, se sont mis au service des patriotes locaux, relate ceci 4Depuis longtemps on avait entendu dire à Venise que l’ennemi nourrissait l’intention de bombarder la cité inatteignable avec des ballons et qu’une grande quantité de ces derniers étaient fabriqués à l’arsenal de Trévise. Mais, en général, on tenait cette nouvelle pour un pur conte de bonne femme et on s’amusait en vendant différentes images qui représentaient ces ballons, sous lesquels on voyait une demi-douzaine de Croates très affairés à jeter d’énormes bombes sur la place Saint Marc [1]. Pourtant, à la fête de la Madone du Salut les Vénitiens virent effectivement ces ballons qui s’élevaient de cinq en cinq minutes depuis un navire de guerre ancré derrière le Lido, constatant ainsi que le conte de bonne femme, tenu pour impossible, se réalisait, plutôt d’ailleurs pour leur édification que pour leur expiation. Pas une seule des vingt bombes ne se détacha au-dessus de la ville, la plupart d’entre elles explosèrent en l’air ou tombèrent dans la mer alors que d’autres furent poussées par un fort vent du sud-est sur la ville et la lagune, larguant leur chargement mortel de fer sur les propres têtes de nos ingénieux ennemis qui, dans notre pénible situation, n’auraient pu nous réserver de distraction aussi bienvenue que le firent ces ballons-bombes. Ce jour-là Venise avait pris un aspect particulier. Tous les gens se tenaient sans bouger sur les places, bouche bée, regardant vers le ciel, comme si des pigeons rôtis étaient en train de tomber. Et quand un petit nuage apparaissait dans le ciel, suivi d’une faible détonation, qui annonçait l’explosion d’une bombe, tout le monde applaudissait instinctivement. Mais, la jubilation publique devenait encore plus générale et vivace lorsque l’une de ces maudites bulles de savon se dirigeait vers Mestre. Alors, on ne criait plus viva » en applaudissant mais encore, en plus, Bravo, buon appetito » [2]. 5Un autre témoin oculaire, le Français ami de la cause italienne L. Crilanovich, nous a laissé le récit suivant “Alors vint le tour des ballons. Ils [les Autrichiens] ne prétendaient à rien moins qu’à bombarder Venise au moyen d’aérostats, et voici comment. Lorsque le vent soufflait dans la direction de Venise, les équipages de leur escadre de blocus lâchaient des ballons au-dessous desquels était suspendu un obus ou une grenade qui devait éclater en tombant, alors que le ballon serait arrivé au-dessus de Venise, la combustion de la mèche se prolongeant durant un certain temps. En ceci la grande difficulté, disons mieux, l’impossibilité, c’était une combinaison de la durée de la combustion et celle du trajet, assez exacte, assez infaillible, pour que l’explosion aussi bien que la chute eussent lieu à l’instant même où le ballon se trouverait au-dessus de la ville. Ce problème, fort compliqué, comme on le voit, fut si mal résolu par les assiégeants que, d’un grand nombre de ballons qu’ils lancèrent ainsi avec des dépenses et des peines inouïes, pas un n’atteignit le but, tous éclatèrent en l’air avant d’y parvenir. Et c’est à peine si le bruit ou les débris de quelques-uns y arrivèrent. Ces obusiers aériens ne servirent qu’à amuser les habitants, qui s’arrêtaient en foule sur les quais, sur les places publiques, pour en suivre la marche des yeux” [3]. 6À en croire ces deux témoignages directs – à notre connaissance les seuls à nous être parvenus – l’effet de ce bombardement a été pour ainsi dire nul. Il n’en est pas allé ainsi si nous nous référons au magazine de propagande de la Luftwaffe, Der Adler, qui dans le numéro du 7 octobre 1941 de son édition française nous présente l’opération comme couronnée de succès “Les bombes qui furent lancées sur Venise au cours de plusieurs manœuvres successives exercèrent une action beaucoup plus considérable que la canonnade de l’artillerie autrichienne. Elles détruisirent d’importantes installations ferroviaires et transformèrent en amas de décombres des pâtés de maison tout entiers. Mais, ce bombardement eut surtout un puissant effet moral sous l’impression de l’attaque aérienne, la population commença à se révolter et exigea du commandement militaire la capitulation. Mais le vent tourna bientôt, de sorte que l’attaque ne put être renouvelée”. Nous allons bientôt voir ce qu’il en a été en réalité. 7Le 2 juin 1849, depuis son quartier général de Vérone, le feld-maréchal Radetzky, commandant en chef des troupes autrichiennes en Italie du Nord, adresse la requête suivante au ministère impérial-royal de la guerre à Vienne “J’ai appris que le major général von Hauslab a découvert la manière de lancer des ballons avec des bombes, des essais parfaitement concluants, ordonnés par Impériale, ayant eu lieu. Étant donné que cette invention pourrait s’avérer utile dans le siège de Venise en cours, dont nous sommes encore éloignés de 5 000 pieds depuis le rivage le plus proche, je demande au ministre de me confier les moyens pour accélérer le plus possible l’utilisation de cette invention, dans la mesure où elle a fait ses preuves” [4]. 8Le feld-maréchal, mal renseigné, commet une erreur en attribuant l’invention à von Hauslab, par ailleurs éminent technicien de l’artillerie. En réalité, la construction des engins et l’expérimentation est le fait de Franz Uchatius, aidé par son frère Josef. Le 15 mai 1849, ils font partir quatre ballons depuis le Laaer Berg, au sud de Vienne, transportant des sacs de sable figurant les bombes. Sur une distance de 9,5 kilomètres, ils atteignent l’objectif qui leur a été assigné, un seul déviant de 85 mètres. L’expérience s’étant avérée concluante, Uchatius fait confectionner à Trévise environ deux cents petites montgolfières à enveloppe de toile imperméable, de quatre-vingt-quatorze mètres cubes, pouvant transporter des bombes d’une quinzaine de kilos. Elles sont accrochées à un filin, relié à une mèche avec une combustion d’une trentaine de minutes. Au point d’intersection de la mèche et du filin, une composition fusante s’enflamme, rompant ce dernier et libérant la bombe. 9Les frères sont peut-être à ce moment-là au courant de la démonstration de bombardement aérien, toute théorique d’ailleurs, donnée à Berlin en 1848 par le Britannique Henry Tracey Coxvell. En revanche, ils ont certainement eu connaissance de l’utilisation de ballons lanceurs de tracts par les insurgés milanais, appelant à la résistance et à la destruction des voies d’approvisionnement des Autrichiens. Or, si on peut lancer des tracts, pourquoi ne pas lancer des bombes… ? En revanche, les frères n’ont certainement pas eu connaissance des travaux du bolonais Angelo Lodi qui, en apprenant le bombardement de Venise, se hâte de proposer au gouvernement provisoire romain le modèle de son “explorateur aérien”. Toutefois, la tentative qui s’est le plus rapprochée de la leur, et qu’il n’ont pu ignorer, est celle de l’Américain John Wise qui, en 1846, projette de construire un énorme ballon, avec un équipage de huit hommes, armé d’artillerie et porteur de bombes pour venir à bout de Vera-Cruz et de sa puissante citadelle, lors de la guerre entre les États-Unis et le Mexique. 10Ayant transporté leur matériel sur la côte, le plus près possible de Venise, dans la région de Mestre, les frères Uchatius procèdent à un premier lancer mais en raison de vents défavorables, il échoue. Ils transportent alors leurs ballons sur le vapeur à roues SMS Vulkan qui participe au blocus de Venise. Le premier lancer, le 29 juin, se solde par un échec. Mais, le 2 juillet, une bombe tombe sur Murano. D’autres départs de ballon vont suivre mais en raison de conditions météorologiques défavorables, ils ne donnent que de maigres résultats. Il semblerait que 110 ballons en tout aient été largués. En réalité, contrairement à ce qu’affirme Der Adler, les dégâts infligés furent quasi inexistants. Quant à l’effet moral, souvent mentionné, il ne dut pas être bien grand dans une ville qui en avait vu d’autres, assiégée depuis des mois, affamée, décimée par les fièvres et le choléra. Ainsi l’article de Der Adler relève de l’affabulation, d’autant plus qu’il prétend qu’Uchatius a dirigé une “chaîne” de ballons reliés entre eux, l’inventeur ayant pris place, avec son frère, dans la nacelle de l’un d’eux, lâchant ses bombes grâce à un système électrique [5]. 11Mais qui était ce Franz Uchatius ? Certainement une des personnalités les plus intéressantes et les plus originales de l’armée impériale-royale [6]. Né en 1811 en Basse-Autriche, fils d’un commissaire à la construction des routes, il entre à 18 ans dans un régiment d’artillerie, suit des cours à l’université technique de Vienne, jouit d’une formation très complète comme physicien et chimiste et se signale vite par son talent d’inventeur. En 1839, il développe un nouveau procédé de daguerréotypie et met au point un appareil - une première dans l’histoire – projetant des images animées contre une paroi. Mais, son intérêt principal va à la métallurgie des pièces d’artillerie et à la fabrication de la poudre. Avec les années, il se concentrera de plus en plus sur la mise au point d’un nouveau processus de fonte permettant de produire ce que les contemporains nommeront l’acier-bronze, un alliage de cuivre et de bronze, avec un forage de l’âme selon un nouveau procédé. Ce produit, 75 % meilleur marché que l’acier proposé par Krupp, rend l’Autriche indépendante des importations allemandes. Après une série d’essais, l’armée impériale et royale adopte le procédé. L’ingéniosité inventive d’Uchatius est presque illimitée. C’est ainsi qu’on lui doit une des premières lampes à pétrole, une technique de reproduction des photographies sur papier et non plus sur plaque de verre, un appareil pour déterminer la teneur en salpêtre dans la poudre, un autre pour mesurer la pression à la bouche du canon, de nouveaux types de canons, de mortiers, d’obus, et même un fusil pouvant tirer sous l’eau. Vers la fin de sa vie, il se penche sur un nouveau projet la construction d’un véhicule automobile. “Je suis convaincu, déclare-t-il, que je réussirai à construire une voiture, qui m’amènera chaque samedi sans chevaux de l’arsenal à Weidlingau [un faubourg de Vienne] et qui chaque lundi me reconduira à Vienne”. Bien qu’au début de sa carrière son ascension professionnelle fut lente promu major à cinquante ans, elle s’accélère par la suite et il finit général de division “Feldmarschallleutnant” tout en étant fait chevalier puis baron. Mais ce qui s’avère plus important à ses yeux, c’est le fait qu’à partir de 1861, il dirige la “forge de la monarchie”, la fonderie et les ateliers de l’arsenal de Vienne, cet immense complexe de bâtiments édifiés après 1848 à la périphérie de Vienne et qui abrite encore de nos jours le splendide musée de l’armée, dans lequel on peut d’ailleurs voir des spécimens des bombes jetées sur Venise en 1849. 12Vers 1876, le journaliste suisse Victor Tissot, qui a fait une belle carrière littéraire à Paris, et dont les récits de voyage atteignent d’énormes tirages, se trouve à Vienne, qu’il visite très consciencieusement, ne manquant pas de rencontrer Uchatius, devenu entretemps une célébrité européenne, dans son “antre” de l’Arsenal, véritable cellule monacale “La physionomie du général est grave, son regard doux et plein de bonté ; le front un peu triste et penché cache derrière ses rides profondes une âme qui a souffert, qui a lutté. Il a commencé par boire la lie de la coupe. Si c’était à recommencer, me dit-il à propos de son invention [l’acier-bronze], je ne m’en sentirais pas le courage ». Tout le monde dans l’armée était contre lui ; les journaux de Vienne qui le portent aujourd’hui sur le pavois le traînaient sur la claie de l’insulte et du ridicule ; il lui fallut des expériences répétées et triomphantes pour convaincre ses amis ; puis, lorsque le gouvernement lui fit une première commande, M. Krupp cria qu’il était volé. […] Le général mit son long manteau de drap gris de fer et nous descendîmes dans la forteresse. On dirait une petite ville à voir tous ces toits qui fument, ces chariots qui passent, ce va-et-vient d’hommes, d’ouvrières et de soldats ; ici on entend le souffle rauque des forges, là le bruit retentissant des marteaux. Voici l’hôpital, voici l’église. Trois mille hommes sont logés à l’aise dans les quatre pavillons qui ornent les angles de cette immense et solide construction qui n’a pas moins d’une lieue de circonférence. 13Autrefois, me dit le général Uchatius, je parcourais toutes ces cours en vélocipède ; mais on s’est tant moqué de moi, que j’ai dû me remettre sur mes jambes. […] Le général Uchatius, comme tous ceux qui cherchent et qui pensent, cause peu ; il appartient à cette catégorie d’impassibles et de silencieux dont M. de Moltke est le type le plus caractéristique, il n’aime guère le monde, il vit retiré dans sa forteresse, au milieu de ses chers canons, qu’il aime comme des enfants. Une belle famille, ma foi ! Et qui remplira un jour le monde de bruit” [7]. 14Le 4 juin 1881, dans l’après-midi, un domestique découvre le corps du général sur le sol de son bureau, la poitrine transpercée d’une balle. Cette mort fait sensation dans la capitale impériale, d’autant plus qu’elle paraît incompréhensible. Dépression ? Crainte de voir son procédé de fabrication dépassé par de nouveaux progrès techniques ? Maladie incurable ? 15Dans l’entretien avec Victor Tissot, on décèle un penchant au pessimisme dans les propos du général. Si l’on contemple une photographie prise vers la fin de sa vie, on ne peut qu’être frappé par sa mine sombre, presque celle d’un homme désespéré. À côté d’écrits purement techniques, Uchatius nous a laissé un recueil d’énigmes présentées sous forme de poèmes. L’une d’entre elles évoque deux choses périssables et diffuses et se termine par le palindrome suivant, bien révélateur. 16Leben = Nebel [8] Notes [1] Différentes gravures humoristiques ont été publiées à l’époque comme “Spaventa dei soldati austriaci” ou “Grandioso esperimentro aerostatico fatto degli Austriaci par incendiare Venezia” ou encore “Invenzione dei Croati per bombardare Venezia”. Plusieurs d’entre elles son reproduites in Guasti et A. Bertarelli, L’Aeronautica italiana nelle’immagine, 1487-1875, Milano, Museo Caproni ; E. Bestetti, 1938, Une gravure fantaisiste se trouve également in L. Figuier, Les Merveilles de la science, vol. 2, Paris, Furne et Jouvet, 1867. [2] Debrunner, Johann, Die Erlebnisse der Schweizerkompagnie in Venedig. Ein Beitrag zur Geschichte des venetianischen Freiheitkampfes, Zürich & Frauenfeld, Chr. Beyel, 1849, p. 236-237. [3] Crilanovich, L., Histoire de la Révolution et du siège de Venise […], Paris, Ch. Joubert, 1851, p. 222. [4] Lettre citée par Johann Werfring, “ Ballonbomben auf die Stadt Venedig, in “Musseumsstücke”, Wiener Zeitung, 18 mars 2010. [5] Jules Duhem, dans son Histoire de l’arme aérienne avant le moteur, Paris, Nouvelles Editions Latines, p. 460, reprend cette version. [6] Sur le personnage cf. Victor Tissot, Vienne et la vie viennoise, Paris, Dentu, 23e éd., 1881. Constantin von Wurzbach, “Uchatius, Franz Freiherr” in Biographisches Lexikon des Kaiserthums Österreich, vol. 48, Vienne 1883, p. 209-213. Julian Pallua-Gall, “Uchatius, Franz Freiherr von in Allgemeine Deutsche Biographie, vol. 39, Leipzig 1895, pp. 122-123. Alfred von Lanz, Lebensbild des General Uchatius, der Erfinder der Stahlbronzegeschütze, Vienne, C. Gerolds Sohn, 1904. Jean-Jacques Langendorf, “Franz von Uchatius” in Ahnengagalerie der kaiserlichen Armee 1618-1918, Vienne, Karolinger, 1995, p. 122-126. Helmut Neuhold, Konkurrenz für Krupp. Das Leben und Sterben des Franz Freiherrn von Uchatius, Vienne, Öbv & net, 2004. [7] Victor Tissot, op. cit., pp. 291, 295, 296. [8] Vie = Brouillard.
auteur ayant comparé paris à une fête